L’obésité : Un problème de santé publique

 

Depuis 2010, il a été créé une journée européenne de lutte contre l’obésité sans compter d’autres journées traitant du même problème se sont déroulées un peu partout en France et en Europe. Mais ce n’est que le 04/03/2020 que nous pouvons assister à la journée mondiale unifiée de lutte contre l’obésité. Cette journée est une sorte de mobilisation qui apporte une réponse mondiale à une maladie qui se propage partout dans la planète.

Cette journée spécifique de lutte contre ce fléau de santé publique à savoir l’obésité est une occasion de mettre en place des campagnes d’information et des centres spécialisés pour un accompagnement des personnes atteintes. C’est donc pour cette raison que l’obésité est devenue au fil des années un problème de santé publique.

L’obésité peut être définie comme étant un excès de graisse et une modification du tissu adipeux, engendrant des problèmes pour la santé et pouvant même réduire l’espérance de vie. Ses causes sont complexes. Elle provient de la combinaison de plusieurs facteurs : alimentaires, génétiques épigénétiques et environnementaux, qui sont impliqués dans le développement et la progression de cette maladie chronique.

Mieux comprendre les causes et les mécanismes biologiques qui mènent à l’obésité est aujourd’hui un des plus grands enjeux de la recherche. Comme toutes les maladies chroniques, l’obésité devient irréversible lorsqu’elle s’installe. De ce fait prévenir son développement est primordial si l’on veut enrayer cette épidémie mondiale.

l'obésité est un problème de santé publique

L’obésité en chiffres

L’obésité concerne aujourd’hui la quasi-totalité de la planète. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 39% des adultes dans le monde sont en situation de surpoids et 13% sont obèses. Le nombre de personnes en situation d’obésité a presque triplé depuis 1975. Les complications qui y sont associées, tout particulièrement le diabète de type 2, les maladies cardiaques et les cancers entraînent le décès d’au moins 2,8 millions personnes chaque année. Ainsi, le surpoids et l’obésité sont reconnus comme la cinquième cause de mortalité par l’OMS. En France, l’obésité́ concerne 17% des adultes et, chez les enfants, 16% des garçons et 18% des filles : des chiffres à peu près stables depuis une dizaine d’années.

Mesure de l’excès de masse graisseuse

Pour mesurer l’obésité, il y a lieu de recourir au calcul de l’indice de masse corporelle (IMC), moyen simple pour estimer la masse grasse d’un individu. L’IMC correspond au poids (en kg) divisé par le carré de la taille (en mètres). Selon la classification de l’OMS, il y a surpoids lorsque l’IMC est supérieur à 25 et on parle d’obésité s’il dépasse 30. Chez l’enfant, il faut se référer aux courbes de croissance présentes dans les carnets de santé.

Conséquences de l’obésité

L’obésité a pour conséquences des troubles de santé et notamment le diabète de type 2. Chez la personne obèse, l’insuline ne va pas agir correctement et l’utilisation du glucose par les cellules est perturbée ce qui entraine une augmentation de la concentration de glucose dans le sang et une hyperglycémie.

Ceci sans compter que l’obésité accroît aussi le risque d’hypertension artérielle, d’athérosclérose à cause d’une inflammation des artères, mais aussi de dyslipidémie, de maladies du foie, de maladie rénale chronique. Elle est aussi associée à plusieurs cancers, particulièrement celui du sein, de l’utérus ou encore du foie.

Parmi les complications associées à l’obésité, il est possible de distinguer des maladies respiratoires : syndrome d’apnée du sommeil, hypoventilation, ainsi que des troubles hormonaux ou encore des maladies articulaires. L’obésité est de plus associée à un risque de reflux gastroœsophagien, de problèmes dermatologiques de type mycoses ou psoriasis, d’insuffisances veineuses cutanées…

Le plan national de prévention de l’obésité pour une meilleure prise en charge

Le ministère de la Santé publique a lancé un plan Priorité prévention depuis l’année 2018, avec le désir de réduire en France le fardeau du surpoids, de l’obésité et des maladies chroniques évitables comme le diabète de type 2. Il a fixé plusieurs objectifs à atteindre d’ici 2023, parmi lesquels nous pouvons citer :

  • Une diminution de 15 % de l’obésité et la stabilisation du surpoids chez les adultes
  • Une baisse de 20% du surpoids et de l’obésité chez les enfants et les adolescents

Ce programme se base sur les mesures du 4e plan national Nutrition santé (PNNS 2019-2023) qui émet des recommandations nutritionnelles et d’activité physique, pour une meilleure hygiène de vie et une amélioration de la santé.

Une activité physique régulière et une perte de poids sont indiquées chez tous les patients obèses, à savoir :

  • Un minimum de 150 minutes d’activité modérée par semaine (ou 75 min d’activité intense).
  • La perte de poids conseillée est de 5% du poids de départ par an, avec bien sûr le maintien de cette perte dans le temps. Une perte de poids ne peut se faire de manière adéquate que sur le long terme car la diminution de la masse de graisse est alors plus importante.

Le patient sera accompagné pendant des années par une équipe pluridisciplinaire : éducation diététique, réhabilitation à l’activité physique, soutien psychologique ou encore thérapie cognitive et comportementale en cas de troubles du comportement alimentaire.

Les solutions de lutte contre l’obésité

Les traitements médicamenteux

Les traitements médicamenteux pour lutter contre l’obésité sont très limités. D’ailleurs plusieurs cas d’effets indésirables graves ont conduit à en retirer plusieurs du marché par le passé. Le seul médicament autorisé en France est l’orlistat. Il limite l’absorption intestinale des lipides mais son efficacité reste modeste. Dans d’autres pays, le Glucagon est indiqué dans le contrôle du poids, mais pas en France où ces molécules ne sont autorisées que dans le traitement du diabète de type 2, avec un gain de poids chez les patients.

Au vu des progrès dans les connaissances sur les formes rares d’obésité génétique il a été possible de concevoir des nouveaux médicaments ciblés. Ainsi, le setmélanotide, un agoniste des récepteurs des mélanocortines de type 4, est en cours de développement. Un essai clinique conduit chez des enfants atteints d’obésité précoce et sévère a permis une baisse de l’impulsivité alimentaire et une perte de poids significative.

Les traitements chirurgicaux

La chirurgie de l’obésité connaît un développement important. Elle est réservée aux formes les plus sévères de l’obésité et notamment celles associées à des complications. Elle entraîne des contraintes diététiques lourdes, à vie. La perte de poids est maximale la première année, puis une reprise s’amorce dans les années qui suivent.

Plusieurs techniques sont disponibles :

 

Du moment que l’obésité est considérée à juste titre comme étant une maladie et donc un problème de santé publique, il est possible de constater qu’il existe en France près d’une quarantaine de centres spécialisés dans la prise en charge de l’obésité. Ils disposent d’équipes multidisciplinaires et prennent en charge des patients atteints d’obésité sévère. Parmi eux, il existe cinq centres intégrés engagés dans la recherche, la formation, l’enseignement et l’innovation dans le domaine de l’obésité. Il existe aussi un réseau national de recherche et d’investigation clinique spécialisé dans l’étude des obésités et des pathologies associées, regroupant chercheurs, cliniciens et spécialistes.

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Posted by dev1

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